Endométriose en milieu professionnel : adapter le poste sans attendre le diagnostic
Le 29 octobre 2026, 228 participants ont assisté au webinaire national du FIPHFP sur l'endométriose au travail. Cette maladie touchant une femme sur dix en âge de procréer reste diagnostiquée en moyenne sept ans après les premiers symptômes — et des adaptations de poste existent bien avant l'obtention d'une RQTH.

L'endométriose toucherait environ une femme sur dix en âge de procréer, mais elle reste diagnostiquée en moyenne sept ans après le début des symptômes. Cette chronologie — début dans l'adolescence, confirmation dans l'âge adulte actif — dessine un parcours professionnel marqué par des douleurs non reconnues, des absences inexpliquées et des adaptations personnelles informelles. C'est la réalité documentée lors du webinaire national organisé le 29 octobre 2026 par le FIPHFP, à travers son Handi-Pacte de La Réunion et Mayotte : 228 participants venus de l'Hexagone, de La Réunion, de Mayotte et des Caraïbes.
Le témoignage d'Isabelle Gado a ancré le propos dans le concret. Les premiers symptômes ont commencé à ses 17 ans ; le diagnostic est venu 18 ans plus tard. Malgré des contraintes quotidiennes importantes, des aménagements de son organisation de travail et de ses équipements lui ont permis de maintenir son emploi. Le Dr Luc Fauquembergue a rappelé que la maladie est « polymorphe et non-linéaire » : les adaptations doivent évoluer avec la pathologie et ne peuvent pas être figées à un instant donné.
Du côté des employeurs, les référents RH ont signalé une résistance fréquente : certains refusent tout aménagement en l'absence d'une notification de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Cette position méconnaît le catalogue d'aides du FIPHFP, qui propose des interventions avant même l'obtention de la RQTH. Les représentantes d'associations de patients ont également signalé qu'un outil de diagnostic salivaire (l'endotest) devrait prochainement être disponible, ce qui pourrait réduire le délai diagnostique actuel.
La conduite managériale joue un rôle déterminant. Les échanges ont identifié quatre conditions nécessaires au maintien dans l'emploi : un environnement de confiance, la prévention des tensions dans l'équipe sans divulgation médicale, le refus des mesures standardisées qui isolent l'agent, et la levée des tabous liés à la nature intime de la maladie. Ces quatre conditions ne relèvent pas de ressources financières : elles relèvent de la posture managériale et de la culture d'organisation.
Pour les organismes de formation qui interviennent sur le handicap, la QVCT ou le management inclusif, l'endométriose représente un cas pratique qui met à l'épreuve plusieurs dimensions simultanément : le secret médical, l'absence de RQTH, la chronicité et la variabilité des symptômes. Elle illustre pourquoi la compétence « handicap » ne peut pas se réduire à la connaissance des dispositifs administratifs.
Les ressources mobilisables incluent le FIPHFP et son catalogue d'aides, les Handi-Pactes régionaux et les associations de patients — notamment pour les formations destinées aux managers ou aux référents handicap des employeurs publics. Ce webinaire, organisé à l'initiative du Handi-Pacte de La Réunion et Mayotte, illustre aussi la portée nationale que peuvent atteindre des initiatives régionales en format distanciel.


