En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le CNFPT et sept collectivités misent sur la mutualisation pour prévenir l'usure professionnelle
Mis en place depuis 2022 dans le Vaucluse, le dispositif « Mutualisons nos énergies pour un nouveau départ » réunit plusieurs employeurs publics et le CNFPT pour accompagner les agents de catégorie C occupant des métiers pénibles vers de nouvelles trajectoires professionnelles.

Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et sept collectivités du bassin d'emploi de Cavaillon pilotent un dispositif de mutualisation destiné à anticiper la désinsertion professionnelle des agents territoriaux. Lancée en 2022 et formalisée par un pilotage conjoint, cette initiative s'adresse en priorité aux agents de catégorie C exerçant des métiers pénibles ou usants, tels que les agents d'entretien, les ATSEM ou les auxiliaires de puériculture. L'objectif consiste à cibler les fonctions éprouvantes pour préparer une reconversion avant qu'une inaptitude médicale ne soit prononcée. Le parcours est financé dans le cadre de la cotisation du CNFPT sans surcoût direct pour les employeurs, qui assument toutefois l'organisation des remplacements et le temps d'accompagnement.
Le programme se déroule sur une année scolaire, de septembre à juin, afin de maintenir l'engagement des participants. Il combine des ateliers collectifs de bilan de compétences, des sessions de préparation à la recherche d'emploi et deux périodes d'immersion professionnelle de dix jours chacune. Ces immersions s'effectuent obligatoirement dans une collectivité partenaire différente de celle d'origine, dans le cadre d'une convention tripartite. La sélection des candidats repose sur le volontariat et sur un entretien mené de manière collégiale par des directeurs des ressources humaines extérieurs à la structure employeuse de l'agent, garantissant une évaluation neutre de la motivation.
Au-delà de l'acquisition de nouvelles compétences, le dispositif vise à restaurer la confiance des agents en fin de parcours. Les résultats observés sur les deux premières promotions, qui ont rassemblé dix-neuf participants, montrent que plusieurs professionnels ont pu concrétiser un changement de poste ou valider des acquis, notamment à travers la certification CléA, socle de connaissances et de compétences professionnelles. L'effet de groupe joue un rôle moteur pour maintenir la dynamique d'apprentissage et éviter l'isolement des participants tout au long de l'année.
Pour les prochaines sessions, l'ingénierie du parcours est ajustée. Les agents devront conduire eux-mêmes des enquêtes métiers avant de solliciter une immersion correspondant à leur projet, renforçant ainsi leur autonomie. Une septième collectivité a rejoint le réseau, et une huitième pourrait intégrer la dynamique prochainement. Les employeurs publics intéressés par cette démarche doivent formaliser un engagement partenarial fort et accepter le partage des ressources humaines à l'échelle d'un territoire.


