En Bretagne, neuf CFA expérimentent « Cap Collectif » pour repérer dès l'entrée les apprentis en difficulté
Un dispositif expérimental breton accompagne neuf centres de formation d'apprentis volontaires dans le repérage et le traitement des difficultés de compétences de base. Ciblant principalement les apprentis en CAP — dont 20 % rencontrent des obstacles en lecture, calcul ou expression —, il entend documenter des pratiques transférables à d'autres CFA.

Environ un million de jeunes sont actuellement en alternance en France, et un cinquième d'entre eux préparent un CAP. Parmi ces derniers, 20 % rencontrent des difficultés avec les compétences de base — lecture, écriture, calcul, communication orale et écrite — selon les données mobilisées dans le cadre du dispositif. Lancé en Bretagne en octobre 2026, « Cap Collectif » associe neuf CFA volontaires, la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets Bretagne) et l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (Anlci).
Le dispositif s'articule autour de quatre objectifs. D'abord, identifier rapidement les difficultés dès l'entrée en formation, plutôt qu'au fil du parcours lorsque le retard est déjà installé. Ensuite, former les équipes pédagogiques des CFA à adapter leurs stratégies d'enseignement aux profils ainsi repérés. Le troisième objectif consiste à renforcer la collaboration entre les CFA, les entreprises d'accueil et les maîtres d'apprentissage pour que le suivi ne s'arrête pas aux portes du centre. Enfin, l'expérimentation doit produire une documentation des bonnes pratiques, destinée à être transférable à d'autres établissements bretons et, potentiellement, au-delà.
La dimension formation des formateurs est centrale dans l'architecture du dispositif. Les équipes des neuf CFA ne reçoivent pas seulement des outils de repérage, mais sont accompagnées dans l'adaptation de leurs pratiques pédagogiques aux profils identifiés. Cette logique de développement professionnel interne distingue « Cap Collectif » des approches classiques de remédiation ajoutées en périphérie du parcours, sans modifier les pratiques ordinaires de la salle de classe.
La présence de l'Anlci comme partenaire ancre le dispositif dans une politique nationale de lutte contre l'illettrisme. Les compétences de base visées recoupent les composantes du Certificat CléA, référentiel socle déjà utilisé par de nombreux OF pour des formations en contexte de travail. Cette articulation possible avec CléA n'est pas mentionnée dans l'article source, mais elle constitue une piste pour les OF souhaitant positionner leur accompagnement dans un cadre certifiant reconnu.
Les neuf CFA bretons impliqués constituent un panel volontaire, ce qui limite la représentativité des résultats à venir. L'expérimentation produira des enseignements sur les pratiques des établissements les plus mobilisés, pas nécessairement sur ceux qui peinent à s'engager dans cette démarche — pourtant souvent les plus concernés par les difficultés de leurs apprentis. Ce biais de sélection est à prendre en compte dans l'interprétation des résultats qui seront publiés.
Pour les organismes de formation travaillant avec des publics en alternance ou intervenant sur les compétences de base, ce dispositif confirme que la détection précoce des difficultés en entrée de formation est un levier efficace. Il rappelle aussi que cette détection ne suffit pas : elle doit s'accompagner d'une adaptation pédagogique réelle et d'une implication des entreprises. Les outils de positionnement et les pratiques collaboratives avec les maîtres d'apprentissage développés dans Cap Collectif pourraient constituer un modèle d'inspiration pour les OF au-delà de la Bretagne.


