Co-développement entre référents handicap : la méthode du FIPHFP qui sort les professionnels de l'isolement
Le 15 octobre 2026, le FIPHFP Île-de-France a réuni une dizaine de référents handicap d'employeurs publics pour son quatrième atelier co-développement du Handipacte. Médecine du travail, télétravail et cohésion d'équipe : une matinée de travail pratique qui montre ce que le pair-à-pair peut apporter à des professionnels souvent seuls face aux situations complexes.

Une méthode structurée pour ne pas rester seul face au cas difficile
Le co-développement est une démarche d'apprentissage entre pairs. Dans la version mise en œuvre par le FIPHFP en Île-de-France, chaque participant apporte une situation réelle qu'il souhaite faire travailler par le groupe. Un vote désigne le cas retenu ; la personne concernée — le « client » — présente sa situation, les autres — les « consultants » — l'interrogent, reformulent la demande, partagent leurs expériences et proposent des pistes d'action. Le client élabore ensuite un plan d'action concret avant un retour collectif sur les apprentissages de la séance.
Ce format, déjà utilisé dans d'autres régions — l'Occitanie a mené un cycle similaire récemment — permet de capitaliser sur l'intelligence du groupe sans dériver vers une réunion de plaintes ou de conseils non sollicités. Les référents handicap qui y participent rapportent se sentir « moins seuls face à des situations complexes ».
Deux sujets de fond au cœur de la matinée du 15 octobre
Lors de cette quatrième session francilienne, deux thématiques ont été successivement soumises au groupe. La première portait sur les relations entre référents handicap et médecin du travail — un axe de collaboration souvent délicat, où les périmètres de chacun ne sont pas toujours clairement établis ni formalisés. La seconde concernait la gestion du télétravail dans le cadre des temps de cohésion collective : comment préserver la participation des agents en situation de handicap aux moments d'équipe sans pénaliser leurs aménagements ou leur équilibre quotidien ?
Ces deux sujets illustrent des tensions réelles dans les organisations publiques post-Covid, où le télétravail s'est banalisé mais peut générer de nouvelles formes d'exclusion pour certains profils.
Actualités nationales : Plan santé au travail et DOETH élargie
Avant le travail en sous-groupes, Franck Lasade, directeur territorial du FIPHFP en Île-de-France, a fait un point sur plusieurs actualités. Il a notamment présenté les grands axes du nouveau Plan Santé au travail 2026-2030 : promouvoir la culture de la prévention, prévenir les risques professionnels, préserver la santé tout au long de la vie professionnelle, anticiper et gérer les crises et les risques émergents.
Il a également signalé une évolution concernant la Déclaration obligatoire d'emploi des travailleurs handicapés (DOETH) : la campagne est désormais ouverte à l'ensemble des employeurs publics, y compris ceux qui n'étaient pas soumis jusqu'ici à l'obligation d'emploi. Le système d'information a été mis à jour pour permettre de simuler son taux d'emploi et le montant de sa contribution.
Une dernière session le 17 novembre — et un modèle à s'approprier
Pour les référents handicap d'employeurs publics franciliens qui souhaitent rejoindre le cycle, il reste une session le 17 novembre 2026. Les places sont limitées — c'est précisément le petit groupe qui garantit la qualité des échanges. Pour les organismes de formation, cette démarche est transposable. Un réseau d'OF, un groupement régional ou une instance sectorielle peut organiser des ateliers similaires entre référents handicap, sans budget important. L'essentiel tient dans le cadre méthodologique : cas réel, questionnement structuré, plan d'action personnel. Documenter ces échanges peut aussi alimenter les preuves attendues à l'indicateur 26.


