PLF 2027 : le Medef conteste le plafonnement des versements de la Cufpa à France compétences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de basculer une partie de la Contribution unique à la formation professionnelle et à l'alternance vers le budget de l'État, provoquant une vive réaction du patronat et des acteurs de la formation.

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, introduit un plafonnement de la part de la Contribution unique à la formation professionnelle et à l'alternance (Cufpa) affectée à France compétences. Ce mécanisme doit conduire au transfert d'environ 1,1 milliard d'euros, initialement versés par les entreprises pour le développement des compétences, vers le budget général de l'État. Dans un entretien accordé en octobre 2026, le Mouvement des entreprises de France (Medef) a qualifié ce prélèvement de inacceptable, estimant que ces excédents auraient dû servir au désendettement de l'opérateur ou au financement de la formation des actifs.
Cette mesure budgétaire relance les tensions autour de la gouvernance du financement de la formation professionnelle. Selon le Medef, la participation des organisations professionnelles aux instances de décision est remise en cause par des arbitrages unilatéraux de l'État. L'organisation patronale rappelle que la contribution des entreprises dépasse les 11 milliards d'euros en 2026 et regrette que les excédents constatés soient ponctionnés pour combler le déficit budgétaire global plutôt que de répondre aux besoins de montée en compétences des salariés.
Pour les organismes de formation et les responsables des ressources humaines, ce arbitrage fait craindre un recul des financements disponibles pour les dispositifs clés. Le Compte personnel de formation (CPF) et les transitions professionnelles figurent parmi les dispositifs jugés menacés par ces restrictions budgétaires. Les fédérations professionnelles du secteur s'inquiètent de l'impact de ces coupes sur la structuration de l'offre de formation sur l'ensemble des territoires, dans un contexte où les besoins d'adaptation des compétences s'avèrent constants face aux transitions technologiques et environnementales.
Face à cette situation, le Medef annonce son intention de déposer des amendements lors de l'examen du texte par l'Assemblée nationale, qui se déroule du 12 au 19 octobre 2026. La question d'un maintien au conseil d'administration de France compétences est également posée par les représentants patronaux, qui s'interrogent sur l'utilité de leur présence au sein d'instances décisionnelles dont les arbitrages budgétaires leur échappent. Une refonte globale du modèle de financement de la formation professionnelle doit par ailleurs être présentée par le patronat au mois de décembre suivant.


