L'école doit-elle préparer au travail ? Alain Boissinot invite à dépasser la querelle
Dans une vidéo publiée par l'IH2EF dans son dossier « Compétences et métiers d'avenir », l'ancien directeur général de l'enseignement scolaire Alain Boissinot appelle à dépasser l'opposition entre éducation humaniste et préparation professionnelle — un débat qui irrigue directement la posture des organismes de formation continue.

**Une querelle ancienne que les mutations du travail relancent.** L'école doit-elle transmettre une culture générale et former des citoyens, ou s'aligner sur les attentes du marché du travail ? Ce débat, jamais vraiment clos, revient avec une acuité renouvelée alors que l'intelligence artificielle, la transition écologique et la recomposition des filières bousculent les métiers à un rythme inédit. L'IH2EF, Institut des hautes études de l'éducation et de la formation, y consacre un dossier thématique intitulé « Compétences et métiers d'avenir », dont est extraite cette intervention.
La thèse : sortir de la fausse opposition
Alain Boissinot, ancien directeur de la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO), propose de dépasser l'alternative entre éducation humaniste et préparation professionnelle. Son argument : ces deux finalités ne s'excluent pas — elles se conditionnent. Une école capable de former des élèves à la fois citoyens et acteurs économiques prépare, selon lui, mieux aux transformations contemporaines des métiers qu'une institution exclusivement orientée vers l'emploi immédiat. Cette position entre en résonance avec les travaux qui soulignent l'importance des compétences transversales — communiquer, analyser, coopérer, exercer son jugement critique — face à l'automatisation d'un nombre croissant de tâches techniques. Ces compétences ne sont pas l'ennemie de la culture : elles en sont, dans cette lecture, une expression concrète.
Ce que les organismes de formation peuvent en retirer
Pour les professionnels de la formation continue, la réflexion ne se limite pas à la politique scolaire. Elle pose une question symétrique : une action de formation doit-elle viser l'employabilité immédiate, ou développer des capacités plus larges permettant à l'apprenant de naviguer dans des environnements changeants ? L'indicateur 24 Qualiopi invite les organismes à exercer une veille active sur les évolutions des métiers et des compétences. Comprendre comment le système éducatif pense ces évolutions — y compris dans ses tensions internes — fait partie de cette veille. Les arbitrages opérés dans les lycées professionnels, dans les BTS ou dans les réformes des certifications professionnelles influencent directement le profil des publics qui arrivent en formation continue, ainsi que leurs représentations de ce qu'apprendre signifie.
Une ressource dans un dossier plus large
Cette « pause concept » est extraite du dossier « Compétences et métiers d'avenir » de l'IH2EF, disponible en accès libre sur son site. Il comprend une partie « Agir » publiée en septembre 2026 centrée sur les leviers d'action, une sélection documentaire actualisée en juillet 2026, ainsi qu'une recension de l'ouvrage *Travailler demain : le futur du travail vu par 13 personnalités* de Muriel Pénicaud. L'ensemble constitue une base de veille solide pour les responsables pédagogiques et les équipes d'ingénierie de formation. **Limite à noter :** la source disponible ne retranscrit pas le contenu de la vidéo, mais uniquement son résumé. Les arguments précis développés par Alain Boissinot ne peuvent être restitués intégralement qu'à partir du visionnage direct sur le site de l'IH2EF.


