Grand Est : 77 % des salariés anticipent une évolution professionnelle, l'IA en ligne de mire
Le baromètre 2026 Ifop/Avenir Actifs révèle que 45 % des salariés du Grand Est remettent en question leur avenir professionnel sous l'effet de l'IA, et 31 % craignent la disparition de leur poste dans les deux ans. Des signaux que les organismes de formation peuvent transformer en demande concrète.

Des chiffres qui décrivent une anxiété structurée, pas conjoncturelle
L'édition 2026 du baromètre réalisé par l'Ifop pour Avenir Actifs dresse un tableau précis de la relation des salariés du Grand Est à leur trajectoire professionnelle. Dans cette région, **77 % des salariés envisagent une évolution professionnelle d'ici deux ans** — une proportion qui traduit davantage une pression ressentie qu'une mobilité ordinaire.
Cette aspiration s'articule à une réalité concrète : **45 % des salariés régionaux déclarent que le développement de l'intelligence artificielle dans leur entreprise les incite à s'interroger davantage sur leur avenir**. Parmi eux, **31 % estiment que leur poste pourrait disparaître dans les deux ans** sous l'effet de cette technologie. Ces données concernent directement les organismes de formation : elles décrivent un public en attente, souvent non accompagné, dont la motivation à se former a changé de nature. Il ne s'agit plus seulement de progression, mais de sécurisation.
Évolution interne ou reconversion : deux trajectoires, deux types d'accompagnement
Les salariés qui anticipent un changement ne visent pas tous la même cible. Le baromètre distingue deux profils distincts : **60 % souhaitent évoluer au sein de leur organisation actuelle**, qu'il s'agisse d'un changement de responsabilités, de poste ou de compétences. **26 % envisagent une reconversion dans un autre secteur**, une proportion qui implique souvent un bilan de compétences, un financement via le CPF ou un Projet de transition professionnelle.
La rémunération s'affirme comme moteur tangible : **29 % des salariés régionaux associent l'évolution professionnelle à une amélioration de leur salaire**, en progression de six points en un an. Ce déplacement — de l'apprentissage vers la valorisation économique — modifie les arguments que les OF doivent développer face aux entreprises financeurs et aux individus.
Le CEP, levier méconnu mais en progression dans la région
Le baromètre fournit un indicateur utile : **47 % des salariés du Grand Est déclarent connaître le dispositif Mon CEP** (Conseil en évolution professionnelle), contre 44 % à l'échelle nationale. Ce service gratuit, accessible à tout actif, permet de travailler un projet d'évolution ou de reconversion avec un conseiller dédié. Ce taux, supérieur à la moyenne nationale, reste inférieur à la majorité : plus d'un salarié sur deux ignore l'existence d'un accompagnement auquel il a droit. Pour les OF actifs dans la région, mentionner systématiquement le CEP dans les parcours d'accueil ou les modules d'orientation constitue une pratique simple et cohérente avec les attendus de Qualiopi sur l'information des publics.
Ce que les OF peuvent faire de ces données
Le calendrier est court : les salariés anticipent leurs changements sur un horizon de deux ans. Cela implique une réactivité de l'offre de formation que les Plans de développement des compétences (PDC) negociés annuellement permettent d'anticiper. Plusieurs pistes concrètes s'en dégagent : - Identifier les métiers à risque dans le tissu local et adapter les parcours de montée en compétences en conséquence ; - Travailler avec les OPCO du territoire sur les formations liées à l'adaptation aux outils numériques et à l'IA ; - Renforcer la visibilité des dispositifs de financement (CPF, PTP, CEP) auprès des publics qui en ignorent encore l'existence.
Le baromètre décrit une demande qui cherche à se formuler. Les OF qui savent la lire avant qu'elle ne s'adresse à un concurrent disposent d'un avantage de positionnement réel.


