Baromètre 2026 : le métier de secrétaire, sous-estimé, plus polyvalent que jamais et déjà confronté à l'IA
Le baromètre 2026 publié par Dactylo'Cyn révèle un métier apprécié mais sous-reconnu : 95 % des secrétaires interrogées estiment exercer davantage de polyvalence qu'auparavant, 63 % utilisent déjà l'IA, et 68 % aspirent à une évolution professionnelle. Analyse des résultats et de leurs implications pour les programmes de formation.

Dactylo'Cyn, entreprise spécialisée dans le secrétariat externalisé, publie chaque année un baromètre du métier réalisé auprès de professionnelles du secteur. L'édition 2026 dresse le portrait d'un métier globalement apprécié — note moyenne de 8,6 sur 10 — mais confronté à un déficit de reconnaissance persistant : 79 % des répondantes considèrent leur profession comme indispensable mais sous-estimée, et 95 % ont déjà ressenti que leur métier n'était pas valorisé à sa juste valeur. Ces chiffres sont à interpréter en tenant compte du biais potentiel d'un sondage réalisé par un acteur du secteur.
Le constat sur la charge de travail est net : 95 % des secrétaires interrogées affirment que le métier exige plus de polyvalence qu'auparavant, et 74 % déclarent effectuer régulièrement des tâches qui dépassent leur fiche de poste. Ce glissement des attributions est souvent non reconnu sur le plan salarial — 74 % jugent leur rémunération insuffisante par rapport aux responsabilités assumées. Ces données reflètent une tension structurelle dans de nombreux postes administratifs.
Les compétences jugées essentielles par les répondantes illustrent la complexité réelle du métier. Loin d'être cantonnée à la frappe et au standard téléphonique, la fonction requiert en premier lieu la gestion du stress et le multitâche (84 %), l'organisation (79 %), puis les capacités relationnelles et les compétences informatiques (63 % chacune), avant la gestion administrative stricte (58 %). Ce profil multidimensionnel devrait se refléter dans les référentiels de formation destinés aux assistantes et secrétaires.
L'intelligence artificielle fait son entrée dans le quotidien de ces professionnelles : 63 % des répondantes déclarent déjà l'utiliser, principalement via ChatGPT. La perception est nuancée : 42 % la perçoivent comme une aide utile, tandis qu'une proportion identique estime que l'IA ne transformera pas fondamentalement le métier. Ces positions coexistent, signe que l'adoption de l'IA est réelle mais que les professionnelles en sont encore à une phase d'exploration empirique.
Sur le plan de la santé au travail, les résultats sont préoccupants : 68 % ressentent une fatigue mentale liée à leur activité et 37 % déclarent avoir connu un épisode de burn-out. Malgré cela, 68 % expriment le souhait d'évoluer professionnellement, principalement vers le secteur médico-social (37 %) ou vers la formation (26 %). Ces aspirations signalent un besoin réel de passerelles concrètes et de dispositifs de développement professionnel.
Pour les organismes de formation, ce baromètre pointe plusieurs axes prioritaires. Les formations dédiées aux secrétaires gagneraient à intégrer des modules sur la prise en main des outils d'IA générative et sur la gestion de la charge mentale. La reconnaissance des compétences informelles acquises — au-delà de la fiche de poste — est également un levier à exploiter, notamment via la VAE ou la certification de blocs de compétences RNCP.


