Formations sociales : les entrées en première année s'érodent, l'AES accuse la plus forte baisse
Les données publiées par la Drees le 29 octobre 2026 confirment le repli des inscriptions dans les formations aux professions sociales. En 2025, les écoles ont accueilli 55 900 étudiants, soit 2,3 % de moins qu'en 2024. Le recul est plus prononcé en première année, notamment chez les futurs accompagnants éducatifs et sociaux.

Les effectifs dans les formations aux professions sociales continuent de s'effriter. Les données publiées par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) le 29 octobre 2026 font état de 55 900 étudiants inscrits en 2025, contre 57 200 un an plus tôt, soit un recul de 2,3 %. Cette tendance, qui s'étend sur plusieurs années consécutives, interroge les organismes de formation sur leur capacité à attirer et à retenir de futurs professionnels du secteur.
Le diplôme d'accompagnant éducatif et social (AES), qui concentre 15,8 % des effectifs totaux, accuse le plus fort recul en première année : − 5,5 %. Les éducateurs de jeunes enfants (EJE) et les éducateurs spécialisés, les plus représentés avec 27,1 % des inscrits pour ces derniers, affichent respectivement − 6,4 % et − 5,7 % en entrées de cursus. Ces chiffres traduisent une difficulté croissante à alimenter le vivier de candidats dès le recrutement initial, avant même toute question de rétention ou d'accompagnement.
Face à cet essoufflement du recrutement, les résultats de fin de formation demeurent pour l'instant stables. La Drees recense 20 250 diplômés en 2025, soit une quasi-stabilité par rapport à 2024 (− 0,4 %). En y intégrant les validations des acquis de l'expérience (VAE), le chiffre atteint 21 700 certifiés. Le taux de réussite aux examens reste élevé à 89,5 %, ce qui signifie que les étudiants qui vont au bout de leur parcours obtiennent généralement leur titre.
Ce bilan positif côté certification doit cependant être mis en regard des interruptions définitives de formation. En 2025, 4 130 étudiants ont abandonné leur cursus sans l'achever, soit un taux d'interruption de 7,4 %. Les raisons invoquées sont d'abord d'ordre personnel (34,4 %), devant les difficultés liées aux stages (11,9 %) et les contraintes financières (5,3 %). Pour les centres de formation, ces données pointent vers des besoins d'accompagnement renforcé, tant sur le plan pédagogique que financier.
Pour les centres qui préparent à ces diplômes, la tendance impose une double vigilance. Le flux d'entrée se réduit dans les premières années, ce qui peut peser sur l'équilibre économique des formations, surtout pour les petites structures. Par ailleurs, les abandons liés aux stages révèlent un besoin de mieux préparer les apprenants à la réalité du terrain et de renforcer le suivi en milieu professionnel. La faible part des motifs financiers (5,3 %) ne doit pas occulter que des situations individuelles fragiles peuvent précipiter l'arrêt d'un parcours.
Avec 1 103 formations recensées en 2025 pour l'ensemble des professions sociales, le maillage territorial reste dense. Mais si le recul des inscriptions en première année se confirme lors de la prochaine enquête Drees, la question de la soutenabilité de l'offre de formation dans certains territoires se posera inévitablement. Les organismes auraient intérêt à anticiper dès maintenant, en travaillant sur la visibilité des métiers du social et sur les conditions d'exercice qu'ils valorisent dans leurs actions d'orientation et de recrutement.


