En Guinée, l'OIF aide à structurer une filière de formation aux métiers techniques du spectacle vivant
L'Institut Supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka, en Guinée, s'engage dans la création d'un cursus certifiant pour les métiers techniques du spectacle vivant : ingénierie du son, lumière, régie générale. Une mission d'expertise menée mi-octobre 2026 avec l'appui de l'OIF pose les premières briques d'une filière inexistante à ce jour.

L'Institut Supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka (ISAMK), établissement guinéen placé sous la tutelle du ministère de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat, s'est engagé dans la construction d'un cursus de formation aux métiers techniques du spectacle vivant. Une mission d'expertise s'est déroulée du 12 au 17 octobre 2026, conduite avec l'appui de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), du Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC) et du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
L'objectif est de proposer des modules spécifiques dans quatre domaines : ingénierie du son, lumière et éclairage scénique, régie générale et recherche de financements pour les projets artistiques. Ces compétences techniques constituent aujourd'hui un manque identifié dans le paysage de la formation artistique guinéenne, où les métiers de plateau (musiciens, acteurs, danseurs) sont davantage représentés que les métiers techniques qui rendent les spectacles possibles.
L'expert mobilisé pour cette mission, Luc Mayitoukou, souligne l'ambition de fournir « des formations adaptées aux besoins du marché de l'emploi et certifiantes ». Le mot certifiantes est clé : la mission intègre la validation des acquis de l'expérience (VAE) comme outil pour reconnaître les compétences déjà détenues par des techniciens autodidactes qui exercent sans diplôme dans le secteur. Cette inclusion de la VAE dans le dispositif est notable dans un contexte où la reconnaissance des compétences informelles reste un défi dans de nombreux pays francophones.
Les résultats attendus à l'issue de la mission sont l'élaboration de curricula ciblés, leur validation par les ministères concernés, et la mise en œuvre effective de la formation à l'ISAMK. Le calendrier de déploiement n'est pas précisé dans la communication de l'OIF.
Pour les formateurs spécialisés dans les arts vivants et les industries culturelles, ce projet illustre une logique applicable au-delà de la Guinée : construire des référentiels de compétences pour des métiers techniques peu visibles, les articuler avec les réalités du marché local et y intégrer des parcours de validation pour les praticiens en activité. Les organismes de formation français qui interviennent sur ces métiers dans des contextes de coopération internationale peuvent s'appuyer sur ce type de démarche pour structurer leurs offres à l'export.


