Au Togo, l'OIF et la GIZ posent les bases d'une certification nationale pour les formations de courte durée
Le Togo vient de valider institutionnellement un dispositif de certification destiné aux formations de courte durée, avec l'appui de l'Organisation internationale de la Francophonie et de la coopération allemande (GIZ). L'objectif est de rendre lisibles, sur le marché du travail, les compétences acquises hors des parcours diplômants classiques, en priorité par les jeunes et les femmes.

Le Togo a officialisé un dispositif national de certification pour les formations de courte durée (FCD), en harmonisant les modalités d'évaluation des compétences acquises en dehors des parcours longs et diplômants. Cette décision, rendue publique le 29 octobre 2026, a été accompagnée conjointement par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), coopération technique allemande.
L'enjeu est d'abord social. Les formations de courte durée bénéficient en priorité aux jeunes et aux femmes qui n'ont pas eu accès à un parcours classique de formation diplômante. Sans reconnaissance officielle des compétences acquises, ces apprenants se retrouvent dans une situation paradoxale : formés, mais non certifiés, ce qui les expose aux mêmes discriminations à l'embauche que des personnes sans formation. Le cadre désormais validé par l'État togolais vise à combler cette lacune.
Le dispositif s'inscrit dans un écosystème plus large. Depuis 2021, le projet D-CLIC, piloté par l'OIF, a formé plus de 2 000 jeunes togolais dans les domaines numériques. Ces formations produisent des compétences réelles, mais leur reconnaissance institutionnelle restait incomplète. Le nouveau cadre de certification pour les FCD est conçu pour assurer la lisibilité de ces acquis auprès des employeurs et des institutions publiques.
Pour les formateurs francophones qui interviennent dans des contextes où les certifications longues restent peu accessibles, ce modèle illustre une piste opérationnelle : concevoir des référentiels courts, ancrés dans les besoins du marché local, évaluables et adossés à une reconnaissance de l'État. Cette approche fait écho aux débats qui traversent aussi la formation professionnelle en France, notamment autour de la validation des acquis de l'expérience (VAE) et du Répertoire spécifique.
La communication de l'OIF reste au niveau des principes directeurs et des intentions politiques. Elle ne précise pas le nombre de certifications prévues, les modalités concrètes d'évaluation retenues, les organismes de formation accrédités ni les délais de mise en œuvre opérationnelle. Une publication technique complémentaire du ministère togolais de l'enseignement technique et de la formation professionnelle permettrait d'en vérifier la portée réelle.


