Vers un espace européen de l'apprentissage : 14 pays tracent la feuille de route à l'horizon 2034
Le 15 octobre 2026, 550 participants issus de 14 pays européens se sont réunis au ministère de l'Économie pour dresser le bilan de la mobilité des apprentis. La conférence a abouti à une déclaration commune en sept points visant à construire un espace européen de l'apprentissage d'ici à 2034.

Le 15 octobre 2026, Euro App Mobility (EAM) et l'Agence Erasmus+ France / Éducation Formation ont réuni 550 participants issus de 14 pays européens au ministère de l'Économie et des Finances. Placée sous le patronage du président de la République et organisée dans le cadre des Erasmus Days, la conférence « Towards the European Apprenticeship Area » avait pour ambition d'accélérer la construction d'un espace commun de la mobilité pour les apprentis. Le format a réuni des responsables politiques, des représentants de centres de formation, des employeurs et des apprentis.
Une enquête IPSOS menée en octobre 2026 fournit un contexte favorable : 85 % des Français se déclarent favorables à une formation partielle à l'étranger, 87 % des entreprises françaises jugent pertinente cette approche, et 68 % se disent prêtes à y participer. Ces chiffres renforcent l'idée que la mobilité internationale des apprentis est désormais perçue comme un levier de professionnalisation, et non plus comme un parcours réservé à une minorité d'initiés.
La directrice de l'Agence Erasmus+ France, Nelly Fesseau, a souligné un argument économique concret : une expérience de mobilité génère en moyenne 500 euros supplémentaires de salaire brut mensuel en début de carrière. Pour les CFA et les organismes de formation, cet élément constitue un levier de communication auprès des employeurs partenaires comme des candidats en cours d'orientation.
Depuis 2022, l'expérimentation MONA implique 57 CFA volontaires et 83 référents mobilités formés. Elle a permis d'envoyer près de 20 000 apprentis en mobilité et d'accueillir plus de 600 apprentis européens en France. Sur le plan législatif, la loi de 2018 « liberté de choisir son avenir professionnel » a rendu obligatoire la nomination d'un référent mobilité dans chaque CFA ; la loi « Erasmus de l'apprentissage » de décembre 2023 a ensuite visé à supprimer les freins administratifs et financiers persistants.
Les apprentis entendus lors de la conférence ont identifié les principaux obstacles : couverture insuffisante du transport et du logement, identification floue des compétences ciblées par la mobilité, barrières linguistiques et culturelles, et inadéquation entre le lieu d'accueil et le contenu de la formation. Ces freins pratiques appellent les CFA à développer une ingénierie de formation spécifique avant d'envoyer leurs apprentis à l'étranger.
La journée s'est conclue par l'adoption d'une déclaration commune en sept vœux : professionnalisation des personnels des CFA, coopération transfrontalière renforcée, déploiement des clubs employeurs, reconnaissance des acquis de mobilité, harmonisation des cadres nationaux, augmentation ciblée du budget Erasmus+ pour la formation professionnelle, et reconnaissance stratégique européenne de l'apprentissage. Ces orientations définissent la feuille de route jusqu'au prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034.
Le fonds LIISA, qui finance des bourses pour les apprentis des niveaux 3 à 5 en Auvergne-Rhône-Alpes pour des mobilités d'au moins deux mois, illustre les initiatives régionales qui complètent progressivement les dispositifs nationaux et européens. Pour les organismes de formation, s'inscrire dans ces réseaux représente à la fois une opportunité de valorisation de leur offre et une exigence croissante de la part des employeurs et des pouvoirs publics.


