Recrutement : davantage de candidatures, mais toujours autant de difficultés à trouver les compétences
Le baromètre HelloWork révèle un décalage persistant : les recruteurs reçoivent plus de CV tandis que les candidats jugent les offres insuffisamment précises et doutent du traitement de leur candidature.

Le nombre de candidatures par offre a progressé de 18 % en un an, sans simplifier les recrutements. D’après la 17e enquête HelloWork présentée par La Gazette France, 71,9 % des recruteurs estiment que moins d’un quart des candidatures reçues correspondent à leur besoin. La pénurie des compétences recherchées constitue le premier défi de 53,8 % d’entre eux, contre 39 % en 2025. Le volume augmente donc plus vite que l’adéquation des profils.
Du côté des candidats, 88,3 % jugent la recherche d’emploi plus difficile qu’il y a deux ans. Pourtant, 68,9 % des recruteurs prévoient des embauches stables ou en hausse en 2026. Une partie du décalage se forme dès l’annonce : 53,9 % des candidats disent avoir renoncé face à des exigences irréalistes et 46,9 % devant une description trop floue. Plus de six sur dix ont déjà constaté une différence entre le poste annoncé et sa réalité.
La rédaction des offres devient ainsi un travail de clarification des compétences. Les recruteurs ont intérêt à distinguer les prérequis indispensables des qualités souhaitables, à décrire le quotidien du poste et à faire relire le texte par le futur manager. La rémunération compte aussi : son absence réduit l’envie de postuler pour 40,9 % des candidats. Parmi les recruteurs qui l’affichent systématiquement, 81,1 % considèrent que cette transparence facilite le recrutement.
Le manque de réponse fragilise également la confiance. Alors que 93 % des recruteurs déclarent envoyer un message en cas de refus, 66,2 % des candidats affirment n’en recevoir aucun. L’écart entre pratiques déclarées et expérience vécue mérite d’être mesuré dans chaque organisation. Un accusé de réception, un statut compréhensible et une réponse négative explicite améliorent déjà le parcours.
Enfin, l’intelligence artificielle doit être expliquée. Si 93,1 % des recruteurs et 61,1 % des candidats déclarent l’utiliser, 61,8 % des candidats craignent qu’aucun humain ne lise leur dossier. Seuls 8,5 % des recruteurs disent pourtant employer l’IA pour le pré-tri. Pour les formateurs aux métiers RH, ces données fournissent un cas concret : apprendre à décrire une compétence, paramétrer un outil sans exclure à tort et préserver une décision humaine traçable deviennent des compétences professionnelles à part entière.


