Les travaux publics en quête de relève : 380 entreprises lorraines misent sur le cinéma pour attirer les futurs professionnels
La Fédération des Travaux Publics organise le 14 décembre 2026 au Kinepolis de Nancy une projection-rencontre pour présenter ses métiers à des collégiens et des demandeurs d'emploi. Avec 380 entreprises et 12 500 salariés en région, le secteur documente une pénurie de compétences qui engage directement les acteurs de la formation.

La Fédération des Travaux Publics (FTP) organise le 14 décembre 2026 au cinéma Kinepolis de Nancy une projection-rencontre destinée à faire connaître les métiers du secteur. Derrière cet événement grand public se dessine un enjeu de fond : en Lorraine, la FTP regroupe 380 entreprises et agences employant 12 500 personnes, et peine structurellement à renouveler ses effectifs. L'édition 2025 avait réuni plus de 700 participants ; l'objectif pour 2026 est d'en atteindre 900, avec une tournée étendue à cinq villes de la région.
Le format retenu mêle projections de chantiers d'exception et rencontres professionnelles directes. Plutôt que de décrire les métiers sur des fiches, la FTP choisit de les montrer : conducteur d'engins, technicien de voirie, poseur de réseaux, géomètre topographe — des profils dont la technicité reste souvent méconnue du grand public. En s'appuyant sur des images de projets réels, l'initiative cherche à déconstruire une image de secteur peu attractif et à révéler la diversité des compétences mobilisées sur un chantier.
Le public ciblé est double : les collégiens, pour qui la filière travaux publics reste très peu connue avant la classe de troisième, et les demandeurs d'emploi accompagnés par les Écoles de la Deuxième Chance (E2C) et les Missions Locales, deux structures explicitement intégrées dans le dispositif. Ce choix signale que la fédération ne cherche pas seulement à alimenter la voie initiale, mais entend aussi attirer des profils en reconversion ou en insertion professionnelle.
Pour les organismes de formation spécialisés dans le génie civil ou les travaux publics, ce type d'initiative ouvre des perspectives concrètes. Les CFA et organismes de la filière peuvent se positionner comme relais naturels : présenter les formations disponibles, expliquer les débouchés et la réalité du travail en chantier. La coopération formalisée entre fédérations professionnelles et acteurs de la formation est ici une condition d'efficacité, pas une option.
Sur le fond, la pénurie de compétences dans les TP n'est pas spécifique à la Lorraine. Les fédérations nationales documentent depuis plusieurs années des besoins en recrutement qui dépassent les flux de formation existants. Le secteur évolue également sur le plan technique : montée en puissance des outils numériques de mesure, de pilotage de chantier et de modélisation. Ces évolutions supposent des référentiels de formation régulièrement actualisés et des formateurs eux-mêmes en veille sur les pratiques professionnelles.
L'initiative de la FTP au Kinepolis illustre une tendance plus large : face à des difficultés structurelles de recrutement, les fédérations professionnelles prennent en charge une partie du travail d'orientation qui relevait traditionnellement de l'Éducation nationale. Pour les organismes de formation, c'est un signal clair : la constitution d'un vivier d'apprenants ne peut plus être laissée au seul hasard des orientations scolaires. Des partenariats actifs avec les acteurs économiques du territoire s'imposent.


