Baromètre Agefiph 2026 : la parole se libère en entreprise, mais l'embauche reste un obstacle
La 9e édition du baromètre Agefiph-Ifop, publiée le 12 octobre 2026, mesure l'évolution des perceptions du handicap dans l'emploi. Elle révèle une progression notable du dialogue en entreprise, un consensus renforcé autour du rôle du référent handicap, mais une résistance persistante à l'embauche qui touche encore sept personnes sur dix.

L'Agefiph a publié le 12 octobre 2026 les résultats de la 9e édition de son baromètre annuel, conduit par l'Ifop. Ce dispositif mesure chaque année la perception de l'emploi des personnes en situation de handicap auprès de trois populations : les salariés concernés, les recruteurs et le grand public.
La tendance la plus marquante de cette édition est la progression du dialogue. En 2026, 94 % des salariés en situation de handicap déclarent avoir mentionné leur handicap dans leur entreprise, contre 90 % en 2025. Plus significatif encore : 77 % ont abordé le sujet avec leur manager, et 68 % avec le service des ressources humaines ou le référent handicap. Ces deux chiffres progressent d'une dizaine de points par rapport à l'année précédente, ce qui représente une évolution rapide sur un terrain longtemps considéré comme sensible.
Le rôle du référent handicap — obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés — ressort renforcé de cette édition. 65 % des salariés le jugent indispensable à une meilleure inclusion professionnelle. Ce taux monte à 83 % chez les salariés et à 89 % chez les recruteurs dans les entreprises ayant effectivement désigné un tel référent. Un décret est par ailleurs attendu pour préciser les missions de cette fonction, dont le périmètre reste encore variable selon les structures.
Le baromètre confirme un effet d'expérience déjà observé dans les éditions précédentes : les entreprises ayant déjà recruté une personne en situation de handicap jugent la démarche plus accessible. L'Agefiph note également une hausse du nombre d'entreprises sollicitant un accompagnement, signe d'une volonté active de progresser sur ce sujet.
Ces avancées coexistent avec une résistance structurelle. Près de sept personnes sur dix — recruteurs, salariés concernés ou grand public — estiment qu'embaucher une personne handicapée reste difficile. Ce chiffre demeure stable au fil des éditions et s'inscrit dans un contexte de marché du travail moins dynamique en 2026. Certains handicaps cristallisent des réticences particulières : les recruteurs citent les troubles du développement intellectuel (TDI), le handicap psychique et le handicap visuel comme les plus difficiles à intégrer.
La santé mentale constitue un angle spécifique. Trente pour cent des salariés en situation de handicap évaluent leur santé mentale comme mauvaise ou très mauvaise. La progression du dialogue ne couvre donc pas uniformément tous les aspects du vécu : si la situation de handicap se mentionne plus facilement qu'auparavant, la souffrance psychologique reste plus difficile à exprimer.
Pour les référents handicap et les organismes de formation, ce baromètre fournit des repères opérationnels. La progression du dialogue avec le management et les RH désigne ces fonctions comme des relais prioritaires dans les actions de sensibilisation. La résistance persistante autour du handicap psychique, visuel ou intellectuel, et le tabou de la santé mentale au travail, signalent des angles précis à intégrer dans les programmes de formation à l'inclusion et à la non-discrimination.


