AMI « Impulsion IA 2027 » : les branches appelées à anticiper les effets de l'IA sur les métiers
Le ministère du Travail ouvre jusqu'au 30 novembre 2026 un appel à manifestation d'intérêt destiné aux branches professionnelles et aux OPCO. Il doit financer des diagnostics sectoriels et des réponses concrètes en matière d'emploi, de compétences et de formation.

L'intelligence artificielle transforme les métiers à un rythme que peu de branches professionnelles ont anticipé. Pour préparer des réponses concrètes en matière de formation, le ministère du Travail a lancé l'AMI EDEC consacré à l'intelligence artificielle dans le cadre du plan « Impulsion IA 2027 ». Via Compétences, le CARIF-OREF Auvergne-Rhône-Alpes, en a relayé les modalités le 14 octobre 2026. Le dispositif mobilise les Engagements de développement de l'emploi et des compétences (EDEC), un cadre de coopération entre l'État et les partenaires sociaux.
Le plan national « Impulsion IA 2027 » est doté de plus de 80 millions d'euros pour l'année à venir et affiche l'objectif de sensibiliser ou former plus de 30 millions de personnes. L'AMI EDEC en constitue l'un des outils : il invite les branches professionnelles et les opérateurs de compétences à documenter les transformations propres à leurs secteurs, plutôt qu'à traiter l'IA comme une spécialité réservée aux seuls métiers du numérique.
Sur le plan pratique, le dépôt des projets, ouvert le 29 septembre 2026, se clôt le 30 novembre. L'instruction se poursuit jusqu'au 11 décembre et les projets retenus doivent être annoncés le 14 décembre 2026. Leur période de réalisation s'étendra de janvier 2027 à décembre 2030. Les branches et OPCO intéressés disposent donc de peu de temps pour définir le périmètre de leur diagnostic et réunir les partenaires utiles.
L'AMI poursuit trois objectifs complémentaires. Le premier est prospectif : identifier et analyser les impacts de l'IA sur les emplois et les compétences, secteur par secteur. Le deuxième est opérationnel : construire des réponses adaptées, qui pourront prendre la forme de référentiels actualisés, de modules de montée en compétences ou de parcours de reconversion. Le troisième vise la capitalisation et la diffusion d'outils transférables, afin que chaque secteur ne reparte pas de zéro.
Les organismes de formation ne sont pas les candidats directs du dispositif, mais ils ont intérêt à suivre les démarches engagées par les branches dont relèvent leurs publics. Ils peuvent proposer leur expertise pédagogique lorsqu'une branche ou un OPCO constitue un partenariat. Surtout, les diagnostics et livrables produits pourront devenir des ressources de veille pour actualiser les programmes, les situations d'évaluation et les compétences visées dans les secteurs exposés aux mutations de l'IA.
Les candidatures sont adressées à la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle. Pour les organismes qui ne participent pas au dépôt, l'enjeu commence dès maintenant : identifier leur branche de référence, surveiller les projets retenus en décembre et intégrer les futurs résultats à leur veille métier. Ces travaux devraient fournir, à partir de 2027, des éléments plus précis que les discours généraux sur l'IA pour décider quelles compétences enseigner et à quels publics.


