Transport public : 100 000 recrutements attendus d'ici 2030, mais les 12-18 ans ne se projettent pas dans le secteur
Une étude 2026 de Norstat pour l'UTPF met en lumière un paradoxe : les 12-18 ans jugent les métiers du transport public utiles, stables et accessibles, mais très peu envisagent d'y faire carrière. Pour les organismes de formation en transport et logistique, ce décalage a des conséquences directes sur le recrutement des apprenants.

L'Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTPF) a commandé en 2026 à l'institut Norstat une étude auprès des 12-18 ans sur leur perception des métiers du secteur. Le constat central est un paradoxe : les jeunes interrogés attribuent des qualités positives aux métiers du transport public et ferroviaire — ils les décrivent comme utiles, stables et ouverts à tous — mais très peu d'entre eux se projettent concrètement dans ces carrières.
Ce décalage entre perception positive et projection faible constitue le cœur de la question que pose l'étude. La pression sur le secteur est réelle : selon l'UTPF, les transports publics et ferroviaires doivent recruter 100 000 personnes d'ici 2030. L'enjeu ne porte donc pas sur l'image des métiers — globalement positive selon l'étude — mais sur le passage de l'appréciation à l'intention d'orientation.
Pour les organismes de formation qui interviennent en transport et logistique, ce diagnostic a des implications pédagogiques directes. Si les jeunes reconnaissent la valeur de ces métiers sans s'y orienter, les obstacles relèvent probablement moins du registre symbolique que du registre pratique : méconnaissance des conditions concrètes d'entrée en formation, incertitude sur les horaires et les contraintes d'exercice, absence de contact avec des professionnels en activité. Ces freins sont précisément ceux que des dispositifs de formation d'amont — journées portes ouvertes, stages de découverte, témoignages de professionnels intégrés aux sessions — peuvent contribuer à lever.
Une réserve méthodologique s'impose avant d'utiliser ces données dans un plan d'action. L'étude est commanditée par l'UTPF, organisation représentative du secteur, et non par un acteur académique ou institutionnel indépendant. Une étude commandée par un secteur pour mesurer son attractivité auprès des jeunes n'est pas neutre dans ses hypothèses ni dans la présentation de ses résultats. Cela ne remet pas en cause la réalité du problème de recrutement, mais invite à croiser les données avec des sources indépendantes — DARES, France Compétences, enquêtes d'insertion — avant d'en tirer des conclusions définitives.
Sur le plan opérationnel, deux enseignements restent mobilisables. En premier lieu, les contenus de promotion des parcours en transport devraient valoriser les dimensions de stabilité et d'utilité sociale, des atouts que les jeunes reconnaissent déjà, pour conforter une intention d'orientation encore fragile. En second lieu, la formule du contact direct avec un professionnel — témoignages intégrés à des séquences d'orientation, visites de sites d'exploitation, partenariats avec des opérateurs de transport — reste un levier concret pour transformer une appréciation générale en démarche d'inscription.
La publication complète de l'étude Norstat n'était pas accessible au moment de la rédaction. Les données citées proviennent du résumé éditorial publié par Studyrama. Les organismes intéressés par les résultats complets sont invités à en demander l'accès directement à l'UTPF.


