Langues et CPF : cinq acteurs lancent le collectif FEEL face au PLF 2027
Le 6 octobre 2026, cinq spécialistes de la formation linguistique ont fondé le collectif FEEL pour représenter le secteur face aux incertitudes du projet de loi de finances pour 2027 et défendre la spécificité des compétences transversales.

Cinq spécialistes de la formation linguistique ont fondé le 6 octobre 2026 le collectif FEEL, pour Filière pour l'Excellence de l'Enseignement des Langues. Cette initiative intervient alors que le projet de loi de finances pour 2027 place les formations en langues en première ligne. En tant que compétence transversale rattachée à aucun métier en particulier, l'apprentissage linguistique craint d'être pénalisé par les nouvelles règles de financement et par le risque d'une participation majorée du titulaire du Compte personnel de formation pour les formations jugées hors des priorités de l'État.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit en effet dans son article 89 une participation financière accrue pour les parcours non prioritaires, dont le montant exact sera fixé par décret. Dans ce contexte, la filière linguistique aborde la réforme dans une position fragilisée. Les données de la Caisse des dépôts montrent que les langues ont représenté 10,3 % des dossiers CPF validés en 2025, un volume en recul sur un an dans un marché globalement contraint par les régulations successives, malgré une forte demande initiale sur Mon Compte Formation.
Jusqu'à présent, les organismes de formation spécialisés dans les langues ne disposaient pas d'une structure dédiée pour porter leurs revendications spécifiques, telles que l'adaptation du dispositif CPF aux compétences transversales ou le recours à des formateurs installés à l'étranger. Le collectif FEEL ne souhaite toutefois pas se substituer aux organisations existantes. Il se positionne comme un acteur complémentaire de la fédération des Acteurs de la compétence et de sa commission Langues, tout en prolongeant l'engagement initié en 2022 par le collectif CPF for Good contre la fraude.
Dans les prochains mois, FEEL devra structurer sa gouvernance, désigner ses porte-parole et préciser ses relations avec les fédérations professionnelles. Le collectif prévoit également de s'ouvrir progressivement aux organismes de formation, aux certificateurs spécialisés ainsi qu'aux formateurs indépendants qui partagent ses exigences de qualité. Pour peser dans les débats, la structure entend s'appuyer sur la mesure concrète des compétences acquises par les apprenants plutôt que sur le seul volume d'heures achetées.
Pour les organismes de formation et les professionnels des ressources humaines, il s'agit de suivre la structuration de ce nouveau collectif et de mesurer l'impact de la réforme à venir sur les plans de développement des compétences. Les employeurs et les responsables formation doivent anticiper les évolutions potentielles du cadre de financement pour les parcours linguistiques de leurs salariés.


