Formation dans la fonction publique d'État : +4 % de jours réalisés en 2024, des écarts catégoriels persistants
La Direction générale de la fonction publique a publié le 15 octobre 2026 ses données de référence sur la formation dans les ministères en 2024. La hausse globale masque des disparités marquées selon la catégorie et le genre. Pour les organismes qui interviennent auprès des agents publics, ces données calibrent le volume d'activité attendu et les profils prioritaires.

La Direction générale de la fonction publique (DGAFP) a publié mi-octobre 2026 son rapport annuel sur la formation statutaire et professionnelle dans la fonction publique de l'État pour l'exercice 2024. Entre 2023 et 2024, le nombre de jours de formation effectués par les personnels civils des ministères, hors Justice, a augmenté de 4 % à champ constant. Sur la même période, les effectifs ayant suivi au moins une formation ont progressé de 5 %, signe que la couverture de la formation s'élargit davantage que le volume individuel.
La distinction entre formation statutaire et formation non statutaire est significative pour comprendre la nature de cette hausse. La première, qui recouvre les formations obligatoires liées au statut ou à l'habilitation — formations initiales d'entrée, formations de prise de poste dans certains corps — a progressé de 8 %, tandis que la formation non statutaire (continue, préparation aux concours, congés formation) n'a crû que de 1 %. Ce différentiel indique que la hausse est principalement portée par des obligations réglementaires, et non par un élargissement volontaire des compétences.
À l'échelle individuelle, chaque agent a suivi en moyenne 4,1 jours de formation en 2024, dont 1,9 jour de formation statutaire et 2,2 jours de formation non statutaire. Ces moyennes masquent des écarts catégoriels importants : les agents de catégorie B affichent 9,0 jours en moyenne, contre 3,2 jours pour la catégorie A et 3,0 jours pour la catégorie C. La catégorie B présente ainsi un volume de formation deux à trois fois supérieur aux deux autres, ce qui s'explique largement par le poids de la formation statutaire dans certains corps de cette catégorie.
L'écart entre les genres est notable : les hommes ont suivi 5,6 jours de formation en moyenne, contre 3,3 jours pour les femmes. La DGAFP impute principalement cette différence à la surreprésentation masculine dans des métiers à forte composante de formation statutaire, comme les gardiens de la paix. Ce facteur sectoriel ne suffit cependant pas à expliquer l'intégralité de l'écart, qui mérite un suivi dans les éditions suivantes.
La composition de la formation non statutaire révèle que la formation continue représente 87 % des jours consommés dans cette catégorie, les congés de formation professionnelle 8 % et la préparation aux examens et concours 5 %. Pour un organisme prestataire des ministères, cette répartition indique que l'essentiel de la demande porte sur des actions courtes de perfectionnement ou d'adaptation au poste, et non sur des parcours longs de reconversion.
Pour les organismes de formation qui visent les marchés ministériels, ces données constituent un repère de positionnement. La progression de 5 % des effectifs couverts signale une demande soutenue. La prédominance de la catégorie B dans les volumes oriente les profils à cibler en priorité. Enfin, la part limitée de la préparation aux concours (5 %) rappelle que les marchés de la formation publique restent centrés sur la formation professionnelle continue plutôt que sur le préparatoire.


