Emploi étudiant : ce que 1,1 million de parcours parallèles disent aux organismes de formation
Une étude de la Dares, remise en lumière par le GREF Bretagne, montre que plus d’un étudiant sur deux hors parcours professionnalisant a exercé un emploi sans lien direct avec ses études. Ces données invitent les équipes pédagogiques à mieux tenir compte des contraintes de temps, de fatigue et de continuité des apprentissages.

Durant l’année universitaire 2022-2023, 2,1 millions d’étudiants étaient inscrits dans un cursus sans parcours professionnel intégré. Parmi eux, 52 %, soit 1,1 million, ont occupé au moins une fois un emploi salarié sans lien direct avec leur formation, hors stages. L’étude publiée par la Dares en mai 2026 et synthétisée par le GREF Bretagne rappelle ainsi qu’un emploi parallèle n’est pas une situation marginale dans l’enseignement supérieur.
Les modalités de travail montrent des parcours fragmentés. Les contrats à durée déterminée dominent, mais 28 % des étudiants concernés ont signé au moins un CDI pendant l’année universitaire. Près d’un tiers a travaillé durant au moins six mois et 54 % ont cumulé au moins deux contrats. À l’inverse, 29 % n’ont exercé qu’un emploi d’été. Derrière une même mention d’« étudiant salarié » se trouvent donc des contraintes très différentes.
Le commerce, l’hébergement-restauration et le secteur non marchand concentrent une partie importante de ces emplois. Leur faible lien avec la formation suivie ne signifie pas qu’ils soient dépourvus d’apprentissage : ponctualité, relation avec le public, coopération ou gestion d’imprévus peuvent être mobilisées. Mais ces acquis ne doivent pas masquer le risque de fatigue, d’absences et de temps disponible réduit pour le travail personnel.
Pour les organismes, la première conséquence est organisationnelle. Un diagnostic en début de parcours peut identifier les contraintes professionnelles réelles sans demander à l’apprenant de justifier sa situation de manière intrusive. Des échéances annoncées suffisamment tôt, des ressources accessibles après les séances et des modalités de rattrapage clairement définies réduisent les ruptures sans diminuer les exigences de certification.
La seconde conséquence concerne l’accompagnement. Lorsque l’emploi est éloigné du métier préparé, l’équipe pédagogique peut aider l’étudiant à traduire ses expériences en compétences transférables, puis à identifier ce qui lui manque encore pour accéder au secteur visé. Cette démarche donne davantage de sens aux périodes en entreprise, aux projets et aux évaluations par mise en situation. Elle peut également alimenter les entretiens de suivi et les actions de prévention du décrochage.
Cette publication ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’un emploi étudiant favorise ou pénalise systématiquement la réussite. Elle fournit en revanche un signal solide pour la veille métiers et publics : une majorité d’étudiants connaît au moins une expérience salariée parallèle. Les organismes peuvent documenter la manière dont ils prennent cette réalité en compte, observer les effets sur l’assiduité et ajuster leur accompagnement à partir de données internes plutôt que d’impressions.


