Cybercriminalité +87 % en cinq ans : ce que les organismes de formation doivent retenir du forum Incyber
Au forum Incyber du Creusot, experts et gendarmes ont dressé un tableau saisissant : la cybercriminalité a bondi de 87 % en cinq ans en Bourgogne-Franche-Comté, portée par l'essor des objets connectés et de l'IA générative. Un contexte qui redéfinit les besoins de formation bien au-delà des seuls techniciens.

**Une hausse qui interpelle tous les secteurs.** Les chiffres présentés au forum Incyber, qui s'est tenu du 21 au 23 octobre 2026 à Hub & Go au Creusot, sont éloquents. En Bourgogne-Franche-Comté, les faits de cybercriminalité ont progressé de **87 % en cinq ans**, selon le général de division Christophe Husson, responsable de la gendarmerie régionale. Harcèlement en ligne, atteintes aux biens, contenus illicites : le spectre des infractions numériques est large et touche désormais des particuliers, des TPE/PME et des services essentiels. Pour les organismes de formation, ce signal d'alarme dépasse le contexte régional. Il dessine une demande croissante en compétences numériques défensives à tous les niveaux de qualification et dans tous les secteurs d'activité.
L'IA et l'Internet des objets, deux vecteurs d'amplification
Le général Marc Watin-Augouard, à l'origine de l'événement, a avancé une projection saisissante : **500 milliards d'objets connectés** dans le monde d'ici à 2030. Des réfrigérateurs de grandes surfaces auraient déjà été ciblés par des attaques, illustrant la vulnérabilité croissante d'équipements banals dès lors qu'ils sont reliés à Internet. L'intelligence artificielle générative amplifie le risque sur un autre registre : elle permet de produire des contenus visuels et sonores difficiles à distinguer de documents authentiques. Cette capacité facilite la fabrication et la diffusion de fausses informations, avec des conséquences potentielles sur les perceptions et les décisions professionnelles. Les lunettes connectées équipées de caméras posent par ailleurs des questions de captation d'images sans consentement. Pour les formateurs, l'enjeu est double : mettre à jour les contenus existants et développer des modules dédiés à l'esprit critique numérique, compétence désormais transversale à tous les parcours.
La réponse des opérateurs : sécuriser avant de réagir
Jean-Marc Autret, responsable de la sécurité chez EDF, a présenté la logique de défense appliquée aux infrastructures critiques : identifier les vulnérabilités en amont, détecter les incidents, en réduire l'impact, puis rétablir les systèmes. Cette approche en quatre temps peut inspirer la conception de parcours de cybersécurité distinguant prévention, détection et réponse à incident. À une échelle plus quotidienne, la perte d'un téléphone peut suffire à exposer des données personnelles sensibles et à compliquer de nombreuses démarches. La protection numérique de base est donc aussi un sujet de formation accessible à tous les publics.
Ce que les formateurs peuvent en tirer concrètement
Le forum Incyber illustre un glissement progressif : la cybersécurité ne relève plus des seuls techniciens. Elle concerne les managers, les agents des collectivités, les soignants, les artisans. Cette transversalisation crée de nouveaux segments de formation où l'offre reste souvent insuffisante et la demande croissante. Les organismes qui s'interrogent sur leur veille technologique au titre de l'indicateur 25 peuvent s'appuyer sur ce type d'événements pour actualiser leur connaissance des risques et réorienter leurs thématiques. **Limite à noter** : l'article de *La Gazette Bourgogne* restitue des propos tenus lors d'un forum ; les chiffres avancés (87 %, 500 milliards) sont attribués à des experts nommés mais ne renvoient pas à des publications primaires vérifiables.


