CPF : un complément de participation forfaitaire pouvant atteindre 200 € pour les dossiers validés depuis le 2 octobre 2026
Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre 2026, prévoit une majoration de la participation forfaitaire obligatoire pour certains titulaires du CPF. Les dossiers de formation confirmés à compter du 2 octobre 2026 sont potentiellement concernés par un complément de paiement dû en 2027, avec des exonérations selon le secteur ou le cofinancement.

Depuis le 2 octobre 2026, toute validation d'une demande de formation via Mon Compte Formation engage le titulaire à régler, si les conditions réglementaires le prévoient, un complément de participation forfaitaire obligatoire (PFO) pouvant atteindre 200 €. Ce règlement interviendrait en 2027, une fois la loi de finances adoptée et les règles d'application publiées. Il ne s'agit donc pas encore d'un prélèvement immédiat, mais d'un engagement ferme pris au moment de la confirmation de l'achat.
La participation forfaitaire obligatoire n'est pas nouvelle : mise en place en 2024, elle est acquittée au moment de l'inscription, sauf cas d'exonération. Ce que le PLF 2027 introduit, c'est la possibilité d'un complément différé, dont le montant exact ne sera calculé qu'après l'adoption définitive du texte législatif. L'objectif affiché est de renforcer le caractère professionnel du CPF et d'orienter les financements vers les besoins économiques jugés stratégiques pour le pays.
Plusieurs catégories de formations échappent à cette majoration. D'abord, les formations relevant de secteurs prioritaires — défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique et secteur médico-social —, à condition que la certification correspondante figure sur une liste établie par arrêté ministériel en 2027 (liste non encore publiée). Ensuite, la plupart des formations bénéficiant d'un cofinancement d'un tiers (employeur, région, branche professionnelle, OPCO, France Travail), à hauteur d'au moins 150 €.
Certaines situations individuelles font l'objet d'un traitement particulier. Les démarches de VAE et les mobilisations du DIF des élus locaux ne sont pas concernées par cette évolution. Les travailleurs en ESAT sont exonérés pour les formations financées via leur CPF. Les projets de transition professionnelle (PTP) relèvent d'un circuit de financement distinct et ne sont donc pas touchés. En revanche, les personnes réalisant un bilan de compétences demeurent assujetties à la PFO de base, y compris si elles sont demandeurs d'emploi.
Pour les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail — qu'ils perçoivent ou non une allocation —, la règle est la suivante : exonération si la formation relève d'un secteur prioritaire ou bénéficie d'un cofinancement d'au moins 150 €, PFO de base dans les autres cas. Ils ne sont en revanche pas soumis à la majoration pouvant atteindre 200 €.
Pour un organisme de formation, cette évolution a des implications pratiques immédiates. Les candidats qui s'inscrivent depuis le 2 octobre 2026 doivent être informés de l'engagement financier différé qu'ils prennent, même si son montant n'est pas encore définitif. Il est prudent d'intégrer cette information dans les communications pré-inscription et de vérifier, formation par formation, si un cofinancement atteint le seuil de 150 € permettant l'exonération. La vigilance s'impose également sur la liste des certifications prioritaires : dès sa publication par arrêté, les organismes concernés devront s'assurer que leurs certifications y figurent bien.


