Apprentissage dans le supérieur : première baisse en 2025, avec -8 % en BTS et -10 % en licence pro
Après cinq ans de croissance ininterrompue, le nombre d'étudiants en apprentissage dans l'enseignement supérieur a reculé de 4 % en 2025, selon une note du SIES publiée en octobre 2026. Les BTS et les licences professionnelles sont les filières les plus affectées par ce retournement.

C'est une première depuis que l'apprentissage a été ouvert en masse à l'enseignement supérieur : au 31 décembre 2025, 628 500 étudiants préparaient un diplôme supérieur par cette voie, soit 4 % de moins qu'un an auparavant. Le chiffre est issu d'une note flash du Service statistique du ministère de l'Enseignement supérieur (SIES), publiée en octobre 2026.
Les filières courtes sont les plus touchées. Le nombre d'apprentis en BTS a chuté de 8 % entre 2024 et 2025 ; celui des licences professionnelles a reculé de près de 10 %. Ces deux formations concentraient une part importante des effectifs, ce qui amplifie mécaniquement l'effet sur les chiffres globaux. Les formations de niveau master ou équivalent ont été moins affectées, sans pour autant inverser la tendance d'ensemble.
Le SIES pointe plusieurs facteurs explicatifs. La réduction des montants des aides publiques versées aux employeurs d'apprentis, combinée à leur recentrage sur certaines catégories d'entreprises et certains niveaux de formation, a probablement pesé sur les décisions de recrutement. La conjoncture économique dégradée en 2025, notamment dans les secteurs qui recourent massivement à l'alternance au niveau BTS, a également pu freiner les ouvertures de contrats.
Pour les organismes de formation, ce retournement soulève des questions concrètes. Ceux qui avaient dimensionné leurs capacités d'accueil sur la trajectoire de croissance des années précédentes se retrouvent face à une demande moins soutenue. La pression sur le financement par tête, directement indexé au nombre d'apprentis, est réelle. Les CFA qui ont multiplié les ouvertures de sections BTS entre 2020 et 2024 sont en première ligne.
Ce recul ne signifie pas nécessairement une rupture durable. Les politiques d'apprentissage ont connu plusieurs cycles depuis les années 1990 : les phases de restriction des aides ont souvent été suivies de rebonds. Mais il oblige les responsables pédagogiques à distinguer ce qui relevait d'une dynamique structurelle — la valorisation de la voie professionnelle par alternance — et ce qui résultait d'effets d'aubaine liés aux niveaux d'aide exceptionnels de la période 2020-2024.
Pour les formateurs intervenant dans des sections apprentissage en BTS ou licence pro, cette évolution appelle une réflexion sur le positionnement de leurs formations : argumentaire de recrutement, qualité de l'accompagnement des maîtres d'apprentissage, taux d'insertion à la sortie. Ce sont ces indicateurs, plus que la seule dynamique des effectifs, qui permettront de résister à un environnement plus sélectif.


