Services à la personne : 139 000 ménages utilisateurs supplémentaires attendus en Nouvelle-Aquitaine d’ici 2050
Une projection publiée par la DREETS et l’Insee annonce une forte progression du recours aux services à la personne. Pour les organismes de formation, elle éclaire les besoins futurs en recrutement, compétences et maintien à domicile.

En Nouvelle-Aquitaine, le vieillissement démographique devrait accroître durablement le recours aux services à la personne. Une publication de la DREETS, fondée sur une étude de l’Insee, estime que le nombre de ménages utilisateurs pourrait atteindre 572 200 en 2050 dans le scénario central. Cela représenterait près de 139 000 ménages supplémentaires par rapport à 2019. Cette projection ne décrit pas seulement une évolution sociale : elle donne aux acteurs de la formation un indicateur concret sur la transformation d’un important bassin d’emplois.
En 2019, 433 300 ménages néo-aquitains utilisaient déjà au moins un service à la personne, soit 16 % des ménages de la région, contre 13,9 % en France métropolitaine. Le recours est plus fréquent parmi les ménages âgés et les foyers les plus aisés, mais varie également selon les territoires et la composition familiale. La progression attendue dépendra en particulier des politiques de maintien à domicile et de la capacité des services à répondre à une demande plus nombreuse.
Pour les organismes qui préparent aux métiers de l’aide à domicile, de l’accompagnement ou de la coordination de services, cette tendance invite à réexaminer les volumes et les contenus de formation. L’augmentation du nombre d’usagers ne se traduira pas mécaniquement par des emplois si les structures ne trouvent pas les professionnels nécessaires. Les besoins porteront autant sur les gestes professionnels que sur la prévention, la relation avec les proches, l’usage d’outils numériques et la coordination autour de personnes dont les situations peuvent devenir plus complexes.
La donnée régionale mérite aussi une lecture territoriale. Les besoins ne seront pas identiques dans une métropole, une zone littorale vieillissante ou un territoire rural où les temps de déplacement pèsent sur l’organisation du travail. Une veille métier utile doit donc rapprocher ces projections des offres d’emploi locales, des tensions de recrutement et des retours des employeurs. Les plateaux pédagogiques, les périodes en entreprise et les modalités de formation peuvent ensuite être adaptés aux réalités observées.
Cette étude constitue un signal de moyen terme plutôt qu’une prévision certaine. Le scénario dépend de choix publics, du niveau de revenu des ménages, des aides disponibles et de l’évolution du maintien à domicile. Il offre néanmoins un repère solide pour documenter l’indicateur 24 de Qualiopi : les organismes concernés peuvent l’utiliser pour justifier l’actualisation de leurs parcours, interroger leurs partenaires professionnels et suivre l’évolution des compétences attendues dans les services à la personne.


