Métiers de la pédagogie : ce que l’IA pourrait réellement changer d’ici à 2035
La prospective publiée par Digiformag décrit moins une disparition des formateurs qu’un déplacement de leur valeur vers l’accompagnement, la conception et les savoirs issus du terrain.

Formateurs, coordinateurs, concepteurs et responsables pédagogiques ne devraient pas être affectés de la même manière par l’intelligence artificielle. Une analyse prospective publiée le 22 octobre par Digiformag met en regard l’automatisation des contenus, le vieillissement des salariés de la branche et la taille réduite de nombreux organismes. Elle ne prétend pas prédire 2035, mais fournit des hypothèses utiles pour préparer les compétences des équipes.
Le secteur compte, selon le panorama de branche cité, 94 092 emplois suffisamment stables et rémunérés pour entrer dans la catégorie statistique des « vrais emplois ». La formation, l’accompagnement et l’ingénierie en représentent 51 %, les fonctions supports 37 % et le développement 11 %. Près de la moitié des salariés ont entre 40 et 59 ans, et 28 % ont au moins 50 ans. Le renouvellement des professionnels devient donc un sujet aussi important que la technologie.
La structure économique complique l’investissement. Sur plus de 11 000 entreprises, 76 % sont des TPE de moins de dix salariés. Elles disposent rarement d’une équipe spécialisée en ingénierie, données ou transformation numérique. Pourtant, 62 % des organismes interrogés citeraient la génération de scénarios pédagogiques par l’IA parmi les technologies prioritaires à l’horizon 2030. L’enjeu sera autant organisationnel que technique : choisir les usages, former les équipes et contrôler les productions.
Les tâches les plus faciles à accélérer sont les premiers jets de supports, les quiz, les déroulés et les synthèses. En revanche, le savoir tacite résiste : le geste professionnel, l’exception rencontrée sur le terrain, l’analyse d’une erreur ou l’ajustement à un groupe ne se trouvent pas toujours dans les documents disponibles. Plus le contenu générique devient abondant, plus l’expérience du métier et la qualité de l’accompagnement deviennent différenciantes.
Pour un organisme de formation, cette prospective suggère un plan simple : repérer les tâches automatisables sans dégrader la qualité, documenter les savoirs de terrain détenus par les formateurs expérimentés, développer les compétences de scénarisation et organiser une transmission avant les départs. L’IA peut réduire le temps passé à produire un support ; elle ne dispense ni de vérifier le contenu, ni de comprendre les apprenants, ni de relier l’apprentissage au travail réel.


