Handicap : une chaire internationale veut transformer les pratiques des organisations
L’Université de Lorraine lance la chaire Handicap et Transformation des Organisations. Recherche, réseau et formation doivent aider à passer d’une logique de compensation à la participation effective des personnes concernées.

L’Université de Lorraine annonce le lancement de la Chaire internationale Handicap et Transformation des Organisations, ou IHTO. Sa vocation est d’étudier les transformations du champ du handicap et de participer à la formation des acteurs. Le projet part d’un constat : les définitions ont évolué, mais cette évolution conceptuelle ne modifie pas encore suffisamment les pratiques dans l’école, le travail, les soins et l’accompagnement.
L’approche présentée ne réduit pas le handicap à une caractéristique individuelle. Elle le considère comme une limitation de la participation sociale produite par l’interaction entre des facteurs personnels et un environnement qui peut créer des obstacles ou, au contraire, offrir des facilitateurs. Cette lecture déplace la question : au lieu de demander seulement comment compenser une déficience, les organisations sont invitées à examiner la manière dont elles conçoivent leurs espaces, leurs outils et leurs règles.
La chaire veut notamment mieux faire connaître les travaux internationaux et la Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée par l’ONU en 2006 et ratifiée par la France en 2010. Elle souhaite associer directement les personnes concernées à la conception des réponses. Pour un organisme de formation, cette logique peut s’appliquer à l’accueil, aux supports, aux modalités d’évaluation et au choix des technologies utilisées pendant un parcours.
Trois missions structurent le projet : animer un réseau au moyen de séminaires, webinaires et événements ; concevoir et mener des recherches ; puis diffuser les connaissances produites afin de développer des pratiques et des formations. Les partenaires fondateurs réunissent l’Agence régionale de santé Grand Est, la Fondation Ellen Poidatz, l’OREAG et deux associations Adapei, avec des liens annoncés en France et au Québec.
Cette nouvelle ressource peut nourrir la veille handicap des prestataires de formation, à condition de ne pas la traiter comme une simple actualité institutionnelle. Les équipes peuvent suivre les publications et événements de la chaire, confronter leurs pratiques aux résultats de recherche et identifier les acteurs mobilisables dans leur territoire. L’objectif utile reste concret : repérer les obstacles créés par l’organisation du parcours et construire les aménagements avec les bénéficiaires plutôt que pour eux.


