École inclusive : Pierre-Jean Fave pose les bases d'un socle commun de professionnalité pour les équipes pluridisciplinaires
Dans une vidéo publiée par l'IH2EF, Pierre-Jean Fave, conseiller technique école inclusive à l'académie de Dijon, développe trois leviers pour renforcer la gouvernance des dispositifs d'inclusion scolaire : un socle commun de compétences, des règles claires de partage de l'information et des instances formelles comme outils d'efficacité collective.

L'IH2EF (Institut des hautes études de l'éducation et de la formation) publie régulièrement des ressources destinées aux professionnels de l'éducation. Cette vidéo de Pierre-Jean Fave, inspecteur de l'Éducation nationale spécialisé dans l'adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés (IEN ASH) et conseiller technique école inclusive à l'académie de Dijon, s'intègre dans un dossier consacré à l'école inclusive. Elle s'adresse aux acteurs engagés dans les coopérations au sein des dispositifs inclusifs.
Son premier axe porte sur la notion de socle commun de professionnalité. La coexistence dans un même dispositif d'enseignants ordinaires, d'enseignants spécialisés, d'AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), de professionnels médico-sociaux et de familles crée un risque de fragmentation des pratiques et des représentations. Un socle commun désigne l'ensemble des savoirs, postures et gestes professionnels que tous les acteurs peuvent partager, quelle que soit leur identité professionnelle propre. Il ne s'agit pas d'uniformiser les rôles mais de créer un langage et des repères communs.
La question des gestes professionnels est directement liée à la complémentarité des identités. Chaque professionnel agit depuis sa formation, sa culture institutionnelle et ses références éthiques. Pour que cette diversité devienne une ressource plutôt qu'un obstacle, les gestes attendus de chacun doivent être explicites et reconnus par les autres. Fave insiste sur le fait que cette complémentarité doit être construite et non supposée : la coprésence dans un dispositif ne suffit pas à produire la coopération.
Le partage de l'information constitue un enjeu sensible. Les professionnels doivent disposer des informations nécessaires pour agir efficacement dans leur champ de compétence, sans méconnaître la situation globale de l'enfant. Ce partage expose à deux risques opposés : l'isolement, où chacun agit sans visibilité sur l'ensemble, et la dérive, où chacun intervient au-delà de son rôle. La réponse proposée est un partage sécurisé par des règles formalisées précisant qui peut accéder à quelles informations, dans quel cadre et à quelle fin.
Le troisième levier est la gouvernance des dispositifs elle-même. Les instances et comités — équipes de suivi de scolarisation, équipes éducatives, réunions pluridisciplinaires — ne sont pas présentés comme des contraintes administratives mais comme des outils au service de la transparence et de l'efficacité collective. Cette vision réhabilite la dimension formelle des dispositifs, souvent vécue comme lourde par les acteurs de terrain, en montrant qu'elle conditionne la lisibilité des rôles et la qualité des décisions.
Pour les formateurs qui travaillent avec des équipes éducatives ou médico-sociales, ces trois leviers constituent un cadre directement utilisable dans la conception de modules sur le travail en équipe pluriprofessionnelle. La limite principale de la source est qu'elle repose sur une vidéo dont le texte intégral n'est pas disponible en ligne : les développements précis et les exemples concrets restent inaccessibles sans visionner la vidéo dans son intégralité.


