CPF : les employeurs peuvent désormais flécher une dotation vers cinq certifications
Depuis le 22 octobre 2026, une dotation volontaire de l’employeur peut être associée à cinq certifications. Une souplesse nouvelle, mais qui ne permet toujours pas d’imposer l’organisme de formation au salarié.

Les règles d’utilisation de Mon Compte Formation évoluent pour les dotations volontaires versées par les employeurs. D’après les conditions particulières mises à jour le 22 octobre 2026 et analysées par CPFormation, une même dotation peut maintenant être fléchée vers un choix allant jusqu’à cinq certifications. Jusqu’ici, le ciblage était beaucoup plus étroit. Pour un responsable formation, cette évolution permet de construire une enveloppe cohérente avec plusieurs besoins de compétences plutôt que de miser sur une seule certification.
L’employeur conserve une marge de réglage tant que le salarié n’a pas utilisé la dotation. Il peut ajouter, retirer ou remplacer une certification dans la sélection. Il peut également prévoir une date limite d’utilisation, avec une durée minimale d’un an à compter de la mise en paiement, et demander le remboursement des sommes qui n’auraient pas été consommées. Une modification des certifications reporte toutefois la date de fin commune à l’ensemble de la sélection.
La limite à retenir est importante : le financeur choisit des certifications, pas l’organisme qui les prépare. Le salarié demeure libre de sélectionner le prestataire de formation correspondant à la certification éligible. Une communication interne trop directive pourrait donc créer une confusion entre l’orientation de la politique de compétences, qui relève de l’entreprise, et le libre choix du titulaire du CPF.
Pour exploiter le dispositif, le responsable formation peut commencer par rapprocher les besoins issus des entretiens professionnels, les compétences prioritaires de l’entreprise et les certifications réellement accessibles sur Mon Compte Formation. Le versement s’effectue ensuite par l’Espace des employeurs et des financeurs de la Caisse des Dépôts. Montant, durée, conditions de remboursement et liste des certifications doivent être présentés clairement aux salariés concernés.
Cette évolution ne transforme pas le CPF en plan de formation piloté par l’employeur. Elle ouvre plutôt un outil de cofinancement plus précis : les droits du salarié et la dotation de l’entreprise peuvent être mobilisés ensemble, avec davantage de choix et moins de risque de laisser dormir le budget. Les organismes de formation ont intérêt à vérifier l’exactitude de leurs codes de certification et à expliquer sans ambiguïté que la décision finale d’inscription appartient au bénéficiaire.


