CPF : le financement de France compétences recule de 456 millions d’euros en 2026
L’enveloppe versée à la Caisse des Dépôts passe de 1,815 milliard d’euros en 2025 à 1,359 milliard en 2026. Pour les organismes et les bénéficiaires, les cofinancements deviennent plus déterminants.

Le financement du compte personnel de formation par France compétences diminue fortement en 2026. Selon les données budgétaires analysées par CPFormation, le versement destiné à la Caisse des Dépôts passe de 1,815 milliard d’euros en 2025 à 1,359 milliard en 2026. La baisse atteint 456 millions d’euros, soit environ un quart de l’enveloppe en un an. Elle s’inscrit dans une série de mesures destinées à contenir la dépense du CPF.
Le recul ne signifie pas que les droits inscrits sur les comptes disparaissent. France compétences paie les formations au moment où elles sont achetées, via la Caisse des Dépôts. La contrainte budgétaire se traduit plutôt par des règles d’usage plus serrées. L’analyse rappelle notamment les plafonds instaurés en 2026, la participation obligatoire portée à 150 euros et la condition d’assiduité introduite par la loi du 25 juin 2026.
Le nombre de dossiers avait déjà diminué depuis son sommet de 2021. Dans le même temps, la composition des achats évolue : en 2025, 60 % des dossiers visent une certification du RNCP ou du Répertoire spécifique, contre 51 % un an auparavant. Les demandeurs d’emploi représentent 42 % des bénéficiaires, contre 34 % en 2024. Ces chiffres indiquent un recentrage, mais ils ne disent pas combien de personnes renoncent en raison d’un reste à charge.
Le partage du coût change également. En 2025, France compétences aurait couvert 88,4 % du montant des formations, les titulaires 7,1 % et les cofinanceurs 4,5 %. Pour une certification du Répertoire spécifique plafonnée à 1 500 euros, un prix supérieur doit désormais être couvert par le titulaire ou par un abondement de l’employeur, d’un OPCO ou de France Travail. La lisibilité du plan de financement devient donc essentielle avant l’inscription.
Les organismes de formation peuvent agir sur ce qui dépend d’eux : afficher un prix complet, distinguer le montant mobilisable et le reste à financer, expliquer les possibilités d’abondement et éviter toute promesse de prise en charge. Ils doivent aussi surveiller l’effet de ces règles sur les abandons de projet et sur leurs publics. Pour les responsables formation, le cofinancement du CPF mérite désormais d’être intégré plus tôt aux entretiens et aux plans de développement des compétences.


