BIM dans la construction : les certifications s'imposent pour sortir du BIM-washing
Le Building Information Modeling transforme les méthodes de travail dans le secteur de la construction. Face à des commandes publiques qui l'exigent de plus en plus, architectes, ingénieurs et responsables de chantier doivent se former et le prouver. Les certifications BIM répondent à cet enjeu.

Né à Singapour, le Building Information Modeling (BIM) s'est imposé comme la méthode de référence pour la conception collaborative de projets de construction. Son principe repose sur un logiciel partagé auquel tous les acteurs d'un projet ont accès en temps réel : architectes, ingénieurs, bureaux d'études, maîtres d'œuvre contribuent simultanément, à rebours des pratiques isolées qui prévalaient jusqu'alors. « Auparavant, chacun travaillait souvent dans son coin. Désormais, les parties prenantes peuvent intervenir à tout moment » dans la phase d'élaboration des plans.
Le BIM n'est pas obligatoire en France au moment de la publication de cet article, mais la dynamique va clairement dans le sens de sa généralisation. Il est de plus en plus souvent exigé dans les commandes publiques, et les acteurs du secteur le considèrent comme un outil incontournable pour rester compétitif lors des appels d'offres. La réduction des coûts qu'il permet constitue un argument déterminant dans les arbitrages.
Un des avantages concrets du BIM est la détection précoce des malfaçons. Selon AFNOR Compétences, celles-ci représentent 10 milliards d'euros par an dans le secteur du bâtiment. Un croisement de tuyauterie mal conçu ou une fenêtre mal positionnée peuvent être repérés et corrigés avant le démarrage du chantier. Le BIM s'étend également à la phase d'exploitation : dès la conception, les futurs exploitants peuvent anticiper des complications d'entretien et de maintenance.
Face au « BIM-washing » — terme qui désigne les acteurs qui affirment maîtriser la méthode sans en avoir réellement les compétences —, la certification devient un gage de crédibilité. « C'est important de s'y former, afin d'émerger et de se rendre crédible en ces temps de BIM-washing », souligne un représentant d'AFNOR Compétences. L'obtention d'une certification constitue « un vrai gage de qualité et un avantage concurrentiel lors d'appels d'offres ».
Les formations disponibles couvrent des besoins différents. Pour une première approche, des sessions d'une journée permettent d'appréhender les principes et les enjeux. Pour une montée en compétences opérationnelle, des formations certifiantes de six jours sont proposées, l'une centrée sur la conception-construction, l'autre sur l'exploitation et la gestion de patrimoine. Ces parcours sont co-développés avec SmartUse, partenaire spécialisé. Le public concerné est large : architectes, ingénieurs, bureaux d'étude, responsables de chantier, dessinateurs projeteurs, assureurs.
Pour les organismes de formation intervenant dans le BTP et l'immobilier, le BIM représente un marché en croissance et un impératif de mise à jour de l'offre. Les retours des participants soulignent que les formations ne doivent pas s'organiser autour d'un logiciel particulier — ce qui les rendrait rapidement obsolètes — mais autour d'une méthode globale. Cette approche favorise également la création d'une communauté de pratique qui perdure au-delà des sessions.


