Arts visuels sous statut salarié : Uniformation, Afdas et le ministère de la Culture publient un référentiel en 10 familles de métiers
La DGCA, Afdas et Uniformation ont livré deux outils inédits : un panorama socio-économique national et un référentiel de 25 fiches métiers organisées en 10 familles. Pour les organismes de formation qui interviennent dans ce secteur, c'est la première base documentée des fonctions exercées sous statut salarié.

La branche des arts visuels est protéiforme — galeries, musées, édition, enseignement, médiation, restauration. Aucun référentiel partagé n'en documentait jusqu'ici les métiers salariés avec précision. En 2026, la Délégation aux arts visuels (DGCA) du ministère de la Culture, associée aux opérateurs de compétence Uniformation et Afdas, comble ce manque avec deux livrables complémentaires : un panorama d'analyse socio-économique et un référentiel des métiers.
Le panorama mobilise cinq codes PCS et quatre codes NAF pour estimer la population salariée concernée. Selon la Base Tous Salariés (BTS) de l'Insee, environ 66 000 personnes relèvent de ces nomenclatures — dont 3 780 dans le champ culturel strict. En croisant le répertoire SIRENE, les auteurs obtiennent une fourchette de 13 600 à 25 500 individus. L'écart important entre ces estimations traduit la porosité des frontières sectorielles. Deux constantes ressortent : la prédominance des petites structures et une forte concentration des effectifs comme des employeurs en Île-de-France.
Le référentiel liste 25 fiches métiers réparties en 10 familles : galeries et ventes d'œuvres ; pilotage et gestion de structures ; programmation et commissariat ; production et régie d'exposition ; communication et partenariats ; médiation et publics ; édition et documentation ; technique, bâtiments et sécurité ; collection, conservation et restauration ; enseignement et pédagogie artistique. Chaque fiche décrit les fonctions exercées sous statut salarié, ce qui distingue cet outil des répertoires existants, davantage centrés sur les artistes indépendants.
On note l'émergence explicite de fonctions transversales peu formalisées jusqu'ici : responsable RSE, chargé d'ingénierie et d'accompagnement, iconographe, responsable web. Ces intitulés signalent une professionnalisation de la gestion, de la communication numérique et du développement durable au sein de structures culturelles longtemps perçues comme artisanales ou informelles.
Pour tout organisme de formation préparant aux métiers de la médiation culturelle, de la gestion de galerie ou de la régie d'exposition, ce référentiel constitue une grille de lecture opérationnelle. Il permet de vérifier l'alignement des blocs de compétences enseignés avec les fonctions réellement exercées sur le terrain salarié, d'identifier les profils émergents — RSE, ingénierie d'accompagnement — encore peu couverts par les formations existantes, et de contextualiser les maquettes pédagogiques pour des publics qui évoluent dans un secteur à dominante TPE et micro-structures.
Attention toutefois : les données socio-économiques sont nationales et concentrées en Île-de-France. Elles ne permettent pas d'inférer directement des volumes d'emploi en Nouvelle-Aquitaine. Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine mentionne, dans un dossier connexe, qu'environ 39 000 Néo-Aquitains exercent un métier culturel toutes disciplines confondues (1,6 % de l'emploi régional), mais ce chiffre n'est pas ventilé par branche arts visuels dans le présent panorama.


